Publiée le 27 Mars 2013

Mine Arnaud a décidé de bien faire les choses dans ses relations avec les citoyens du canton d'Arnaud, près de Sept-Îles. Objectif : assurer la meilleure cohabitation possible avec les communautés locales.

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François Biron est trop poli pour critiquer les gestes d'une entreprise oeuvrant dans le même secteur que la sienne. Cependant, lorsqu'il décrit ce qu'il a accompli en amont avec son équipe dans le but d'obtenir l'acceptation par la population de son projet de mine d'apatite et de fer, il est clair que le point de comparaison est la mine d'or à ciel ouvert d'Osisko à Malartic, en Abitibi.

Le directeur du projet de Mine Arnaud veut faire exemple sur le plan de la responsabilité sociale. «On apprend des erreurs du passé», affirme M. Biron.

Mine Arnaud, une coentreprise entre le gouvernement du Québec et la société privée norvégienne Yara, prévoit creuser une fosse d'une longueur de 3,5 kilomètres dans le canton d'Arnaud, à 15 km du centre-ville de Sept-Îles. Pendant 23 ans, elle compte y produire annuellement 1,3 million de tonnes de concentré d'apatite, un minerai servant à la fabrication de fertilisant, ainsi que 2,3 Mt de magnétite titanifère.

Une importante exploitation aux portes de Sept-Îles, qui s'ajoute à la forte activité industrielle de la région.

Plus ouverte et équitable

À certains égards, l'approche adoptée par Mine Arnaud dans ses relations avec la collectivité se veut plus ouverte et plus équitable que celle qu'a empruntée Osisko en démarrant son projet aurifère à Malartic, en 2008.

Prenons l'exemple des délocalisations. Chez Mine Arnaud, on n'a pas besoin de déménager des maisons pour bâtir la mine, car la résidence la plus proche est située à 800 mètres de la fosse. Sauf que la minière offre quand même un dédommagement aux propriétaires incommodés par le bruit et la poussière. De plus, au lieu de procéder à la pièce concernant ces dédommagements, Mine Arnaud a établi un cadre d'entente qui sera public, donc transparent. Il servira de base à toutes ses négociations avec les citoyens du canton. Le but : éviter les traitements inéquitables.

Mine Arnaud offrira à une centaine de personnes d'acheter leurs propriétés (73 terrains et 34 maisons) ainsi que des dédommagements en argent à ceux qui résident dans une zone plus lointaine.

En outre, la minière s'est engagée à ce qu'aucune transaction ne soit conclue avant que son projet ne soit approuvé par le BAPE. À Malartic, Osisko avait commencé ses délocalisations avant même que le BAPE n'approuve son projet minier, suscitant grogne et division au sein de la communauté, qui peine à s'en remettre.

De plus, Osisko s'était limitée à déménager les 150 maisons situées sur la future fosse, ignorant celles qui étaient sises en bordure. Après deux ans d'âpres batailles et de plaintes, une douzaine de propriétaires supplémentaires ont été dédommagés, mais il reste encore des dossiers en litige.

Participation publique

Chose rare, Mine Arnaud a aussi rendu publique son étude d'impact environnemental préliminaire, à la demande des citoyens qui, autre innovation, sont consultés depuis l'été dernier par un médiateur externe, Transfert Environnement. À la suite de la première phase du processus, Mine Arnaud a amélioré son projet. Elle a installé deux stations d'échantillonnage de la qualité de l'air sur son site, cédé ses titres miniers sur un parc de villégiature et ajouté une usine d'épuration d'eau sur le site. La prochaine étape sera la création d'un comité de suivi «représentatif et indépendant».

Bien faire les choses

Le fait que l'État québécois soit l'actionnaire majoritaire du projet de Mine Arnaud - Investissement Québec détient 62 % des parts -, a-t-il contribué à ce souci plus élevé d'acceptabilité sociale ? «J'ai eu le mandat de bien faire les choses. J'ai été choisi parce que le respect des communautés me tient à coeur», dit M. Biron. Dans le passé, il avait lancé avec succès les travaux de réhabilitation de l'ancienne mine d'or Troilus, près de Chibougamau, en voie d'être transformée en pourvoirie.

Source : Les Affaires